Sniper

©Photo Xdr

La faute au cinéma riche en testostérone et pauvre en neurone, façon Michael Bay et clap de fin sur le héros, blessé, agrippant le drapeau américain, on oublie souvent que le premier but d’un sniper est, avant d’éliminer une/des cible(s), de transmettre des informations importantes pour le commandement. Même Rambo retourne au Vietnam d’abord pour… prendre des photographies.

Avec les tendances actuelles d’un certain management new age, branché Chief Happiness Officer, il est de bon ton de bêler avec le troupeau et de faire tourner le bedo autour du babyfoot plutôt que de s’avouer result-driven. Mais j’ai une question : on fait du business, pour gagner de l’argent, ou juste de l’humanitaire, fort en sens ? Oui, je sais, les 2 ne sont pas incompatibles et si on arrive à accorder les résultats avec la manière de les obtenir… blabla RH.

Si j’avais su dessiner, cela m’aurait vraiment amusé de mettre en images les aventures de « Super Sniper », la nouvelle génération de client mystère parce qu’on sait tous l’efficacité redoutable, même si un peu « douche écossaise », de ce faux client qui s’immerge et investigue sur le terrain pour savoir comment les vrais sont réellement traités au quotidien…

Share

Copycat

© Photo Xdr

L’orgueil, qui nous empêche de reconnaître que les concurrents ont aussi de bonnes idées.

L’avarice, qui nous souffle parfois de faire les choses à l’économie.

La luxure, qui, à force d’onanisme sur nos parts de marché, nous rend sourd à la compétition qui s’intensifie.

L’envie, qui nous rend juste stérilement jaloux de ce que les autres font mieux.

La gourmandise pour toujours plus de gain et de rentabilité à court terme, même si elle castre la stratégie à long terme.

La colère aussi grand-guignolesque qu’inutile à posteriori, quand l’erreur est faite.

La paresse du « on a toujours fait comme ça ».

Pour ne pas succomber à ces 7 péchés capitaux, capables d’ouvrir grandes les 7 portes de l’enfer pour une entreprise, une seule vertu, souvent clamée, rarement démontrée : l’humilité.

Dans ce domaine, nous serions bien inspirés de, une fois n’est pas coutume, copier la Chine, car c’est bien l’humilité qui permet de copier et d’améliorer ce que les autres font de bien.

Nous en avons un exemple flagrant lors des salons professionnels. Quand les européens rivalisent de bling-bling avec des stands genre casino Venetian Macao et s’épuisent en réceptions nocturnes alcoolisées, les chinois campent des espaces minimalistes façon Photomaton mais arpentent les allées sans relâche, à la recherche de ce que les autres font de mieux qu’eux.

Champagne pas assez frais, mini-jupe trop courte et blabla pour les uns, café serré, sac à dos rempli et clicclic pour les autres.

Rappelez-moi qui est leader mondial sur à peu près tout aujourd’hui à part l’écologie et les droits de l’homme ?

Share

Plus on est d’acheteurs, plus on rit.

La Grande Distribution est le client naturel et incontournable en Fruits et Légumes, comme dans beaucoup de secteurs. 

Cependant, l’importance stratégique accordée à la fonction Achat varie beaucoup d’une enseigne GMS à une autre. Vous voulez un truc infaillible pour l’évaluer ? Faites simplement le rapport entre les tonnages approvisionnés à l’année et le nombre d’acheteurs en poste pour les négocier. Vous verrez tout de suite si vous aurez à traiter avec quelques rares machines à tordre, tenderisées et injoignables, ou si vous pourrez échanger avec de vrais partenaires aussi à l’écoute. 

© Photo Xdr

Quand un médecin généraliste fait bien son travail, il n’hésite pas à passer le relais à des spécialistes quand le besoin s’en fait sentir. Compte tenu de la grande complexité des achats F&L (espèces, origines, terroirs, saisons, variétés, conditionnements, modes de culture… soit des milliers de combinaisons possibles) il devrait en être de même et cela ne saurait se faire sans moyens humains suffisants. Par exemple, un acheteur berry aura beaucoup à faire pour sourcer du beau, bon et solide avec un calendrier d’approvisionnement sans rupture sur 52 semaines.

Plus il y a d ‘acheteurs dans une enseigne, plus vous avez à priori de chances de tomber sur des professionnels, souvent jeunes mais voulant vraiment faire bouger les lignes de notre Filière.

Share

Leader of the pack ?

©Photo Xdr

Les posts type faire-parts des nouveau-nés du packaging sont nombreux sur LinkedIn et c’est bien compréhensible. Madame veut montrer aux copines le dernier petit top manches bouffantes qu’elle a déniché en solde et Monsieur ses nouvelles jantes alu 18 pouces à bâton. Plaisanterie mise à part, on est toujours excité par l’annonce dans la mesure ou le packaging est une des dernières étapes avant la présentation au client/consommateur. 

Par contre, on voit encore tant d’approximations concernant les packagings Fruits et Légumes qu’on est en droit de s’interroger sur la connexion de leurs concepteurs avec les réalités du terrain. 

Barquette eco-responsable donc, super, un must-have aujourd’hui, mais… pas suffisamment transparente pour permettre le contrôle visuel de la fraîcheur par le client avant d’acheter (sans ouvrir), avec le gencod imprimé sur le dessus ajouré (les myrtilles vont tomber quand l’hôtesse de caisse devra la retourner sur sa table de scanning) ou en carton non traité contre l’humidité (ça va faire désordre dans un espace brumisation ou même après stockage tampon en réserve).

Ce sont aussi les personnes du terrain qui disent des choses importantes. Prenez-donc le temps de les écouter avant de penser seuls l’emballage ultime…

Share

Je gagne sur les 2 tableaux !

Quand un bien est vendu avec les services d’une agence immobilière, les honoraires sont normalement à la charge du vendeur, rarement de l’acheteur, parfois en appliquant une quote-part et en divisant entre les 2 mais pas en profitant pour les doubler. 

Pourquoi les headhunters ne s’inspirent-ils pas de cette règle en vigueur dans un autre secteur ? Pourquoi l’usage est-il devenu de facturer des frais d’executive search à l’entreprise chassant des nouveaux talents ET des frais d’outplacement au candidat donnant, selon la formule consacrée, une nouvelle orientation à sa carrière ? En nous épargnant l’offusqué-défensif  ‘ouh là là mon pauv’ Monsieur, mais ça n’est pas du tout la même prestation et puis on ne parle pas ici d’un produit mais d’une personne !’, quelqu’un pourrait-il me l’expliquer ? 

L’entreprise doit ainsi payer pour les cadres qu’elle cherche et ceux qu’elle libère ! Le collaborateur doit payer – ou se faire financer – pour que d’autres entreprises s’intéresse à lui et sachent qu’il existe. 

Allons, la formation ‘LinkedIn pour les mules’ et le soutien psychologique (sic) pour la peur de l’écran vierge, même enjolivés de quelques workshops bien marketés, ne valent pas toujours le budget conséquent facturé par les grands noms de la discipline…

Share

Votre temps d’attente est estimé à…

Déshumanisation glaçante, tête-à-tête imposé avec les machines, overdose d’écrans et de mots de passe pour tout, tout le temps, avec tout le monde. Mon Dieu qu’il est devenu difficile de simplement pouvoir parler à quelqu’un qui vous écoute et vous réponds dans un créneau horaire cohérent et avec autre chose que des tronçons d’argumentaire récités déformés par un accent exotique. 

Oui, je sais, mon banquier me l’a assez rabâché : pas d’attente pour obtenir un rendez-vous ou passer au guichet, vous pouvez accéder à vos comptes quand vous voulez, les mots de passe garantissent votre sécurité quand les hackers ukrainiens ou les escrocs ivoiriens sont embusqués pour vous pirater, blablabla : je ne parle pas de ça. 

Les services en ligne, c’est très bien -il faut vivre avec son temps- mais ils devraient venir en plus, pas à la place. Récemment, j’ai du faire remplir ma citerne enterrée de gaz liquide à l’approche de l’hiver par une société avec lequel je suis malheureusement sous contrat pris par l’ancien propriétaire de la maison. Courriel automatisé -impossible de répondre donc- informant d’une hausse de 120 Euros la tonne décidée de façon unilatérale façon ‘c’est à prendre ou à laisser’, la logistique qui n’a en tête que l’optimisation des tournées à son avantage, veut livrer quand vous n’êtes pas là et vous demande de laisser l’accès libre à sa (sic) citerne, c’est à dire portail grand ouvert toute la journée car ils ne s’engagent évidemment pas sur un créneau horaire et, last but not least, l’impossibilité de joindre quelqu’un au téléphone, avec plus de 20 minutes d’attente à écouter en boucle un message narquois genre ‘vous pouvez aussi vous connecter à notre site/application’. 

La modernité ne passe pas quand elle est imposée de façon aussi péremptoire et au mépris du plus petit savoir-vivre commercial, sans laisser aux générations qui ont encore l’outrecuidance de vouloir parler à quelqu’un, la possibilité de le faire. 

Mais laissez-leur le temps de mourir chantait Bernie.

J’affirme que le contact en présentiel a encore de beaux jours devant lui et que les entreprises qui, comme les yoghourts, garantiront pour leurs services ‘avec des vrais morceaux de conseillers à l’intérieur’ peuvent encore faire la différence. 

Quand on pense qu’une application comme Okta a pour seule vocation la gestion des identités et des accès… 

Share

Linkedout

©Photo Xdr

Qui oserait encore prétendre que nous manquons d’imagination et de créativité après avoir, comme Jean-Marie, jeté un oeil sur les titres dont s’affublent les adorateurs de Linkedin ? Nul besoin de repasser le BAC de philo pour savoir si les contenus sont en accord avec la vocation première de ce réseau et s’il n’est pas en train d’être submergé par des semeurs de poncifs du développement personnel qui ne veulent surtout pas rater le coach, des cadres à temps libre faisant la roue du paon, des enseignes de distribution exangues qui essayent pathétiquement d’attirer l’attention et même des bimbos siliconées y draguant ouvertement leurs michetaux . Linkedin aujourd’hui c’est comme Paris Match, on rigole déjà rien qu’avec les titres. Allez jeter un oeil, vous passerez un bon moment !

Quelques exemples, nous avons :

  • ceux qui s’auto-promeuvent (oui, je sais, ça pique un peu mais c’est juste, François !)
  • ceux qui ajoutent fièrement le diplôme Graal pour lequel ils ont travaillé si dur et payé si cher et qui suffit normalement à impressionner les invendues pour emballer à l’after du Macumba : PhD, MBA, Master (of puppets ?)…
  • ceux qui racontent leur vie déjà dans le titre
  • ceux qui militent : sans-diplôme « autre que celui de la vie »… t’en veux frère ? C’est de la Kali Mist !
  • les chinois. Ils ont, pour sortir de l’anonymat et ne pas se faire agresser par le correcteur d’orthographe, tenté d’européaniser leurs noms, collé une photo retouchée avec une tête de manga et t’envoient une invitation. A peine acceptée, ils enchaînent avec un message super familier, comme si on avait été à Tsinghua ensemble et proposent de te vendre des zips de fermeture éclair ou des poignées de tondeuse avec un prix dégressif si tu achètes au bateau complet.
  • les africains. Ils sont tous Présidents de sociétés qui ne sont pas encore créés.
    ceux qui font la pub de leurs obscurs écrits : auteur de…
  • les comiques : surligneur de talent, VP Business Development, responsable Pole Ambiance Marché, brand invigorator, conseillère bancaire à la Banque Postale…
  • le tout-en-un : consultante agroalimentaire et naturopathe/sophrologue/reflexologue.
  • les « frimeux »: Senior Consultant, Profesional in Logistics… wow, awesome !
  • les énigmatiques : testing better ways to grow fruits, voix off, planning engineer…
  • les morts de faim : disponible pour un nouveau challenge, ouvert à toutes propositions…

Allez, j’arrête. C’était juste pour se marrer un peu car, vu l’actualité récente, on a pas eu beaucoup l’occasion de rigoler depuis le penalty de Mbappé…

Share

À la queue feuleu !

©Photo Xdr

Qu’il sagisse d’abonnements en tous genres (Internet, télé, téléphone mobile, sport…), de machines presque offertes au début mais ne fonctionnant qu’avec les recharges officielles, ou de nécessité présentée comme impérieuse d’updater régulièrement la version d’un objet phare, créer la dépendance pour s’assurer de la fidélité est partout. 

Et les feuleu, ils ont quoi ? Vous allez me dire que la GMS a les cartes de fidélité tous produits et des programmes de reward chirurgicale pour ça. Vous enchaînerez sur le caractère périssable à court terme de la grande majorité des F&L, qui fait revenir tout seul. Et vous finirez sur la tarte à la crème de la qualité fidélisante. C’est un peu court, jeune homme. Les cartes de fidélité fonctionnent peu pour les F&L 1ère gamme, la caractéristique périssable fait certes revenir mais pas forcément chez vous et la qualité est un dû, un minimum, pas un exploit, pas un plus. Je m’intéresserai prochainement dans ma rubrique à ce qui pourrait commencer à créer de la dépendance.

Share

Y’en aura pour tout le monde !

© Photo Xdr

Vous tendez le dos au moment où, sortant prudemment de nos tanières, la fin de crise COVID s’annonce, avec son impact redouté mais indéniablement sous-estimé sur l’emploi pour des entreprises souvent exangues ? Les courbes du chômage vous affolent plus que celles de Shakira en pantalon de cuir ? Vous stressez en pensant à la vitesse vertigineuse avec laquelle les robots progressent pour nous remplacer demain ? Vous avez peur, finalement, qu’il n’y ait pas de travail pour tout le monde ? Vous ne devriez pas. Les gourous du management en entreprise ont déjà la solution, simple et imparable : s’il n’y a pas de travail pour tout le monde, et bien, il n’y a qu’à en inventer en interne dans l’entreprise. Pour faire simple, c’est le fonctionnement qui prévaut dans les Ministères depuis des années, ou des services/départements en sur-effectif travaillent… à se faire travailler. Vous pensez que j’exagère ? Voici quelques exemples du connu de longue date mais aussi des petits derniers qui témoignent de mon inquiétude :

1 – l’audit interne : des avortons avec des têtes de citrouilles et des squelettes, jouissant du même capital sympathie que les boeufs-carottes dans la police, qui demandent en urgence des tonnes de documents pour finalement annoncer, visiblement déçus, qu’ils n’ont rien trouvé de grave. Il est de la famille du bon vieux reporting, vérole des temps modernes.

2 – la Certification : pour faire simple, on définit ce qu’on veut faire, comment et en combien de temps, et on paye quelqu’un pour vérifier qu’on l’a fait. Non, désolé, je suis déjà marié !

3 – le PMO – Project Management Office : Wow le petit dernier, mon préféré ! Des premiers de la classe, à des années lumière du terrain, qui montent des usines à gaz bureaucratico-policières pour que n’importe qu’elle tâche de l’opérationnel soit transformée en un projet géré par un conseil des sages.

4 – la Réunion. Elle n’est pas nouvelle mais, régulièrement critiquée, elle déborde d’imagination pour continuer à régner sans partage, sous le masque, en ajoutant toujours plus de sessions mais en les baptisant sournoisement de sobriquets qui empêchent de les débusquer au premier regard sur l’agenda. Séminaire, atelier (workshop si vous êtes dans le conseil), formation, groupes-projets, observatoires… peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse du vide.

Finalement, le reporting interne (dire aux autres ce qu’on fait), l’audit interne (vérifier que les autres font bien ce qu’ils disent qu’ils font) et maintenant, arrivant tout droit de la planète Usinagaz, le PMO, le cumul des 2 : dire aux autres ce qu’ils doivent faire et véri-fliquer qu’il le font, tout ça devrait normalement permettre de bientôt quasi fonctionner en circuit fermé, en oubliant complètement le client !

Share

Tu finiras en foyer Ipad !

© Photo Xdr

On a chambré la montre à la pomme il y a quelque temps, mais c’était sans compter avec la nouvelle génération du « grand téléphone avec lequel on ne peut pas appeler », j’ai nommé l’Ipad.
Là aussi, le texte de la fiche d’identité est une perle.
Ipad… Air : le nom, déjà, devrait nous alerter.
Là encore, chaque accessoire est baptisé pompeusement pour le débanaliser : pas un vulgaire écran, non, un « Liquid Retina » s’il vous plaît. Un commutateur on/off ? Non, un « Touch ID ». La puce ? Une A14 Bionic ta mère, compatible avec « Pencil » et « Magic Keyboard ». Ce qui est magique, c’est d’avoir dans un premier temps dépouillé le laptop de ses accessoires traditionnels (souris, clavier…), en vantant le caractère nomade de la tablette, pour les réintégrer ensuite en options ultra-coûteuses et expliquer qu’il « en fait plus qu’un ordinateur ».
Disponible en argent, en or… On attend la version avec brillants zirconium, signée par Kim et Kanye.
Les choses sont 40 % plus rapides, 10 x plus rapides, 30 % plus rapides… sans jamais préciser plus rapide que quoi, un peu comme les lessives qui lavent plus blanc que blanc.
Retouche photo, aide à la composition musicale… la montre, c’était la réécriture du médecin malgré lui, la tablette, c’est « j’aurais voulu être un artiste » !
« Prenez des notes intelligentes » : dans les réunions à la con, ça restera compliqué.
« Autonomie d’une journée » : c’est bien la peine de la ramener autant si c’est pour s’éteindre avant la fin de l’épisode de « Walking Dead ».
« C’est bon pour vous. Et pour la planète »… et pour Apple ! J’adore quand la pomme nous la joue CSR. 
Tout ça pour lire ses mails en plus grand et sans risquer que maman débarque en plein confinement dans le bureau quand on est tranquillement en train de regarder un clip de Shakira… OK, Je sors.

Share