Tu finiras en foyer ipad !

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On a chambré la montre à la pomme il y a quelques temps, mais c’était sans compter avec la nouvelle génération du « grand téléphone avec lequel on ne peut pas appeler », j’ai nommé l’ipad.
Là aussi, le texte de la fiche d’identité est une perle.
ipad… Air : le nom, déjà, devrait nous alerter.
Là encore, chaque accessoire est baptisé pompeusement pour le débanaliser : pas un vulgaire écran, non, un « Liquid Rétina » s’il-vous-plaît, un commutateur on/off ? non, un « Touch ID », la puce ? une A14 Bionic ta mère, compatible avec « Pencil » et « Magic Keyboard ». Ce qui est magique, c’est d’avoir dans un premier temps dépouillé le laptop de ses accessoires traditionnels (souris, clavier,…), en vantant le caractère nomade de la tablette, pour les réintégrer ensuite en options ultra-coûteuses et expliquer qu’il « en fait plus qu’un ordinateur ».
Disponible en argent, en or… On attend la version avec brillants zirconium, signée par Kim et Kanye.
les choses sont 40% plus rapides, 10x plus rapide, 30% plus rapide… sans jamais préciser plus rapide que quoi, un peu comme les lessives qui lavent plus blanc que blanc.
Retouche photo, aide à la composition musicale… la montre, c’était la réécriture du médecin malgré lui, la tablette, c’est j’aurais voulu être un artiste !
« Prenez des notes intelligentes » : dans les réunions à la con, ça restera compliqué.
« Autonomie d’une journée » : c’est bien la peine de la ramener autant si c’est pour s’éteindre avant la fin de l’épisode de Walking dead.
« c’est bon pour vous. Et pour la planète »… et pour Apple ! J’adore quand la pomme nous la joue CSR. 
Tout ça pour lire ses mails en plus grand et sans risquer que maman débarque en plein confinement dans le bureau quand on est tranquillement en train de regarder un clip de Shakira… OK. Je sors.

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Webinanar

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Il est étonnant voire inquiétant de constater comment certains soit-disant « spécialistes » en organisation de salons professionnels internationaux ont été proprement incapables de s’adapter face au COVID et de virtualiser efficacement leurs événements phares, qui sont pourtant parfois leurs apporteurs majeurs de chiffre d’affaires. Ordres et contrordres niant la gravité de la situation, un peu à la manière d’une grand-mère qui met ses œillères et tend le dos en traversant la route, façon « ça va bien finir par se calmer » pour finalement annuler purement et simplement, webinars – le nouveau gadget tendance : en fait, c’est une simple conférence en ligne mais, si vous voulez y injecter de l’interactivité… ou vous la jouer Chargé de mission looké rive gauche, vous rebaptisez ça un webinar – en succédané improvisé mais techniquement mal préparés (euh… mettez vos micros sur position mute, on entend rien…euh… vous voyez mon powerpoint ?… euh… les questions, c’est par le chat et on répondra… plus tard !) ou au contenu creux et bricolé au dernier moment pour grappiller un peu de visibilité en ces temps de confinement, espace de réunion ou on hésite à s’exprimer car on ne sait pas vraiment qui est connecté, produits dérivés hors de prix tant les organisateurs essayent de sauver les meubles et se font tirer l’oreille avant de finir par rembourser pour force majeure une tréso qu’ils n’ont plus… Bref, on patauge.
Connaissant depuis de longues années la rigueur et l’organisation toujours impeccable de Fruit Logistica -die Messe !- à Berlin, on pouvait s’attendre à une réaction très différente de la référence de la Filière. Sauf cataclysme, le salon aura bien lieu en présentiel au printemps 2021 et ce dans une forme complètement repensée. Mais mon propos n’est pas là. 
Actant du fait que le COVID est à priori là pour un moment et que bien d’autres événements peuvent demain perturber toutes ces rencontres phares et nécessaires, je conseille aux organisateurs d’événementiels de plancher de façon systématique mais PROACTIVE sur le Plan B virtuel « Brisez la glace au cas où » de façon à éviter de transformer nos salons F&L en salons… du bricolage.

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Big Brother is Apple watching you

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Chapeau bas ! Strike ! Extra ball ! Same player shoot again ! Jack Pot ! Belote, re et 10 de der ! 100 patates ! J’ai les 3 télés !
Chaque keynote d’Apple ou actualisation du catalogue produits en ligne devrait être passée en boucle dans toutes les écoles de commerce tant c’est un bijou d’efficacité.
Allez, prenons un petit moment pour évoquer, par exemple, quelques arguments mis en exergue pour la version 6 de sa montre, au delà des désormais traditionnels « la plus/la moins depuis toujours que si tu l’as pas t’es un looser !  » :
« La santé du futur. Dès à présent. » Avec ce titre, le repositionnement « coach santé » est désormais plus qu’assumé et on est plus bien loin de la promesse du Graal et de la vie éternelle. On attend un allongement de la durée de vie et plus de centenaires qu’à Ikaria avec la version 7…
2 nouvelles couleurs : Bloods ou Creeps, choisis ton camp, camarade !
Ouverture sur les capteurs rouges à mi chemin entre les yeux du Terminator et une lampe de table d’opération pour Doc Gynéco vue d’en dessous. Gageons d’emblée que la fonction « oxygène » sera d’abord utile à ceux qui risquent d’en manquer en découvrant le prix de la montre.
« une vie toujours plus connectée » : après tout, dans connectée, il y a con et conne. La Boucle (bien plus sexy qu’un vulgaire bracelet !) est bouclée. 
« toucher la Digital Crown » : cette couronne, ça ne serait pas, pour chaque acheteur, celle du Roi des pigeons ?
« mettre en place une routine d’endormissement » : alors là, aucun problème, ça fait des années qu’avec Steve, puis son clone en moins bon, Tim, la pomme s’y emploie ! Mais l’inquiétude me ronge : en mesurant sommeil et rythme cardiaque, ils vont pouvoir tracer le p’tit coup à maman du dimanche soir après le film de la Une non ?
« partagez vos anneaux » : vous voulez pas qu’on parle un peu d’abord ?
« acier inoxydable » : quelle utilité ? Elle n’aura pas le temps de rouiller puisqu’il faut changer tous les ânes… pardon, tous les ans.
« noir sidéral » : comme nôtre bêtise ! Je sais pourquoi c’est si cher : sidéral qu’on l’a eu le noir aurait dit le regretté Coluche ! Un noir façon casque de Darth Vader, ça vaut bien ça.
« aluminium recyclé » : on vous fabrique la nouvelle avec l’ancienne recyclée, un peu comme pour une capsule Nespresso, autre attrape-bobos exemplaire.
« boucle Hermès » : wow ! 1 000 boules le bracelet avec fermoir façon equidé : même Zara Whites ne vendait pas si cher le rêve de cuir…
Allez, j’arrête : je dois aller à l’Apple Store le plus proche acheter ma montre.
Mais je reste inquiet.
Vu la tendance toujours plus santé que prends la série, j’ai peur que la version 7 embarque un Apple Thermo pour me prendre la température de façon plus précise, un doigt dépliant pour voir ou j’en suis de ma prostate, voire, sous la pression des lobbies féministes, un secoueur à gouttes respectueux des cuvettes de toilettes.
Je crains aussi que l’achat des produits Apple ne devienne un jour tout simplement obligatoire, le téléphone organisant directement le paiement en ligne avec la montre, sous les yeux de l’Ipad bienveillant…
Enfin, à quand une Apple Watch série Sex : avec tous ces capteurs, ces vibreurs et cette boucle en latex, il y a certainement quelque chose à faire non ?
Réveillez vous – sans la montre, de grâce – : il est encore temps.

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« Y’a bon Banania ! »

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La bêtise a en commun avec l’univers qu’elle est infinie. 
A quoi va bien pouvoir s’attaquer la racaille en mal de blanchiment quand elle aura fini de déboulonner ou de peindre les statues de nos ancêtres ? Je ne perdrai pas de temps à chercher à comprendre comment une jeunesse complètement décérébrée et en mal d’idéal peut se laisser manipuler à ce point par quelques « personnalités » pastèques (vertes dehors/rouges dedans). Excès d’écrans lobotomisant, pas le temps pour les livres d’histoire avec Netflix, absence de repères et de vraie cause pour laquelle lever le point plutôt qu’un seul doigt, peu m’importe, ces incultes veulent effacer. 
Même s’il est peu probable que ces charmantes personnes poussent régulièrement la porte d’un hypermarché, attention quand même, ils pourraient sûrement y trouver matière à feindre de s’offusquer pour leurs prochaines profanations.
Voyons un peu… au détour des rayons :
Café… Le gringo de Jacques Vabre ne serait-il pas un symbole de la jungle sans issue qui rongent les peones abattus (salut Bernie !) ? En plus, il est bien possible qu’il reluque les cuisses galbées de la grenouille de la Rain Forest Alliance, ou qu’il paye la dîme du Fair Trade à Max et ses maquereaux, ça mérite sûrement de comparaître devant la Sainte Inquisition…
Surgelés…Et ce Captain Igloo, n’est-il pas en cheville avec ces flottes de bateaux-usines qui déciment d’autres espèces depuis qu’ils en ont terminé avec les baleines ? N’est-il pas responsable de l’exploitation irresponsable des océans du globe, du réchauffement climatique, de la fonte des glaces et de l’inondation de l’igloo de cette pauvre Madame Anouck qui a eu bien du mal à sauver ses rênes de la noyade ? N’est-il pas temps là-aussi de déclencher l’opération Inuit et Brouillard ?
Et ce Mister Freeze, à part certains ecclésiastiques, personne ne se réjouit vraiment que nos enfants apprennent si jeunes à manier le bâton…
Produits d’entretien… Monsieur Propre ? Une icône du nettoyage anti-tâches, ça refuse probablement tout métissage black/blanc/beur…
Lessives… Wow, un rayon entier de grands méchants capitalistes jusqu’au bout des dosettes, et dont le métier depuis toujours est d’offrir le « plus blanc que blanc ». Ils ont beau avoir intelligemment intégré à la gamme quelques références spéciales pour un noir profond et intense, on est encore bien loin de la parité… Et puis quoi, la vente de dosettes, c’est notre business !
BoulPat… La Sainte Inquisition a depuis longtemps rendu sentence au sujet des neggerküsse. Rendez-vous compte de l’affront : des chocolats venus du Danemark, un pays ou tout le monde ou presque est grand, blond aux yeux bleus, et que ces vikings ont appellé de surcroît « têtes de nègre », il n’y a que les alsaciens pour continuer à vendre ça… Et les gâteaux ? Forêt Noire… hum, ça sonne un peu meeting politique au fond d’une brasserie munichoise… Saint-Honoré, Saint-Evre…ouh là, vous n’y pensez pas ! Bien trop catholique pour être honnête !
Fondant/mousse, si elles ne sont pas en chocolat blanc, c’est un affront manifeste et nos spécialistes Traoré sûrement désapprouvé. Ile flottante ? Ça ne serait pas celle de Gorée par hasard ?… Crème brûlée… OK, limite antisémite mais cachez au moins cette mention « à la vanille Bourbon » que je ne saurais voir… Allez, les tartes ça passe s’il y en a aux mûres et aux myrtilles mais qu’on ne vous y reprenne pas !
Boucherie/Charcuterie/Traiteur… comment peut-on tolérer une rayon charcuterie sous le même toit que les rayons Hallal et kasher ? Pas de porc, pas de gras, pas de crabe, pas de taureau… je ne suis ni spécialiste ni encore moins spéciste mais on va manger quoi alors avec cette bande de tofu à lier ?
Après l’examen des étals des magasins viendra l’épluchage des noms d’enseignes. Auchan ? Satire de la cause paysanne. Carrefour ? Migratoire. Géant ? Insultant pour les personnes de petite taille. Système U ? Porn. Et je ne vous parle même pas de ce que vont ramasser les centres Le Clair ! Que des suprémacistes blancs qu’on vous dit !
Après tout, on s’en doutait, faire pousser un caddy, enchaîné en file à d’autres et avec autant de barreaux, ça ne pouvait être que l’oeuvre d’esclavagistes…
Allez, j’arrête…
Seul avantage : avec toutes ces statues déboulonnées, il y a de la place pour en fondre d’autres à l’effigie de la Bêtise crasse qui se répand dans notre pauvre France…

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Leadership ou Leader cheap ?

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Assez navrant de voir comment l’adage « la qualité se paye » ne s’applique toujours que trop peu aux cadres de la GD en général et aux gars du feuleu en particulier. Salaire d’embauche minimaliste (mais si tu es bon, tu évolues vite), primes sur objectifs difficilement atteignables en ces temps de désamour (c’est le jeu ma pauv’ Lucette), horaires à rallonge (y me manque 3 TP) et effectifs réduits au strict nécessaire (on a calculé, ça doit passer), il faut en vouloir pour tenter l’aventure…
Comment expliquer au commun des ELS qu’on puisse dépenser sans compter pour des postes budgétaires finalement très accessoires (notamment le mobilier cache-misère, les tracts imprimés et les animations qu’on sait en chute libre d’efficacité…) et être aussi chiche quand on doit sortir le chéquier pour s’adjoindre les services de talents et pour un métier pourtant toujours autant fondé sur l’humain ? Difficultés à mesurer la qualité du collaborateur à l’embauche (que vaudra-t-il sur le terrain face au client avec ses beaux diplômes ?) et après (pas simple d’isoler les performances réellement individuelles), plus les moyens de se la payer, offre limitée ou on choisit finalement les Chefs, façon petit matin en discothèque dans les invendus ou les dates courtes, les explications sont certes multiples mais les conséquences tristement connues.
Un business qui est censé renouveler son modèle mais travaille avec une majorité de deuxièmes couteaux risque de continuer à chanter « J’aurais voulu être un artiste » pendant longtemps…

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Mascara ou Mas cara ?

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Nous avons tous tiqué devant la valse du prix de vente des masques pendant la crise du COVID, oubliant un peu vite que, même si on touche au sordide quand il s’agit de la vie des gens, c’est finalement la loi de l’offre et de la demande. Entre les faux humanistes (je vends à prix coûtant), les opportunistes (je me gave et j’assume), les normaux (je prends ma marge) et les fatalistes (on attend le SAV… ça vient de Chine !), on a beaucoup blablaté sur le prix des masques. Mais, au-delà, c’est la méconnaissance du prix de revient des différents modèles, les ruptures d’approvisionnement, la qualité so-so voire les arnaques, et la fluctuation des PVC qui ont irrité les gens bien plus que les élastiques qui te font les oreilles Monsieur Spock, le nez sparing de Iron Mike et les lunettes assortiment Dim Sum. Ça ne vous rappelle rien ? Nous serions bien inspirés de tirer enseignement de cette crispation légitime sur le levier prix de Madame Michu car elle gangrène de la même façon et pour les mêmes raisons, toute logique de pricing sur notre Filière depuis des lustres…

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« Aie confiance… »

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Même le plus mauvais coach (j’hésite entre un des 12% de tocards ayant planté son BAC en 2019 et s’improvisant « coach de vie », un consultant fonctionnaire de l’APEC et un indécrottable généraliste de Michael Page…) sait au moins que le socle de toute démarche commerciale un tant soit peu pérenne est la confiance. 
Et donc, je me demandais, compte tenu des difficultés manifestes rencontrées par les différents intervenants pour la bâtir, si nous n’aurions pas ici le point bloquant majeur de notre Filière et, surtout, la matrice des dérives crispées, nées de ce manque, qui l’empêche de longue date maintenant de mieux fonctionner.
Prenons 3 exemples rapides et riches de sens :
1 – Le contrôle qualité
La confiance n’exclut pas le contrôle mais… au vu de la nécessité économique de limiter l’empilement des coûts à différentes étapes pour rester compétitif, elle aurait en l’espèce tout intérêt à pouvoir le faire ! 
Même si une marchandise peut toujours un peu « bouger » entre le départ station de conditionnement et la livraison plate-forme/magasin (problème de température, camion mixte, retard logistique, stockage plateforme,…), il y a tout de même un paradoxe chargé de méfiance à devoir rémunérer deux équipes qualité, à l’amont et en aval, ne se connaissant/côtoyant presque jamais, communiquant par mails interposés, et pour faire finalement le même travail à quelques heures d’intervalle. A part pour quelques enseignes britanniques qui ont du mal à intégrer que la Couronne ne règne plus sur le monde, et qui ont cru bon de réinventer l’eau chaude pour leur Earl Grey, ces équipes qualité utilisent théoriquement les mêmes outils/tests/indicateurs/grilles de lecture pour juger de la qualité d’un lot et de sa conformité aux spécifications enseigne. Et d’ailleurs, pourquoi bâtir des spécifications enseigne quand la seule normalisation est déjà plus complexe et aussi difficile à suivre qu’une interview de Houellebecq ? Et bien, c’est très simple , prenez le temps d’examiner quelques produits en rayon et vous comprendrez. Entre le pitufo de fraises d’Espagne ou Miss Camarosa planque plus de culs blancs dans le fond du plateau qu’un début juillet à trousse-chemise, les plateaux 2 rangs de pommes ou on mélange avec la 1 bis voire la 2, les mélanges de salade 4G 1er prix et MDD façon herbe à vache pour pouvoir faire toujours moins cher, les filets/girsacs de pomme de terre ou d’agrumes masquant et trichant sur la couleur de la maille… la production est très créative quand il s’agit d’en mettre un petit coup et certains produits sont aussi maquillés que Jane Fonda avant un shooting pour « Oldie but Goldie ».
Ici, le sempiternel « si on fait pas ça, on s’en sort pas et ça part à l’industrie » du pov’ petit producteur ne m’intéresse pas. Je souligne simplement le manque de confiance sous-tendant ce coûteux double contrôle. Il règne sur la Filière une ambiance type guerre des polices qui n’est profitable à personne…
2 – L’analyse cost +
Concernant la demande d’une majorité d’enseignes de recevoir avant, comme base préparatoire à la négo, les coûts de production décortiqués à la ligne, vous pensez que c’est pour le seul plaisir des acheteurs de plonger contraints et forcés dans la complexité d’un monde de la production qui n’est pas exactement le leur ou plutôt parcequ’ils n’ont plus confiance dans les éternelles jérémiades – tout augmente ma p’tite dame Michu ! – des piètres vendeurs de la production, toutes espèces confondues et quelle que soit la campagne ? Et tant pis s’ils ne comprennent pas vraiment les données tronquées fournies par la production, certains fournisseurs croyant malin d’ajouter de l’encre dans la bouteille, là encore, je note une absence de confiance. Personne ne demande à connaître le prix des ingrédients des plats à la carte d’un restaurant…
3 – Tu m’as pas envoyé tes prévs !
Troisième et dernier exemple : les fameuses prévisions que j’entends depuis un quart de siècle les stations réclamer aux vendeurs, les vendeurs quémander aux acheteurs, les acheteurs tenter de glaner auprès des magasins (pour les enseignes d’intégrés au moins…), les Chefs de rayon interrogeant chaque responsable d’îlot… c’est vraiment pour mieux commander ou plutôt pour s’assurer que le destinataire d’un volume ne va pas disparaître des lignes d’appro au premier fax de dégagement dégainé par le Van Dijk de service écumant chaque semaine les quais des ports du Nord avec ses gagneuses ? Même si la prévision en question n’a aucune valeur juridique réelle, elle peut quand même servir, en l’absence de confiance établie, pour honorer la parole donnée (Arnauld, si tu nous lis, rappelle-toi, ça ne nous rajeunit pas, la promo de Victo…).
Je pourrais allonger la liste des exemples de choses que nous subissons par absence de confiance mais ces 3 là suffisent je pense à illustrer mon propos.
Le temps est venu pour la Filière d’arrêter la partie de « Je t’aime, moi non plus » et de travailler humblement à rebâtir la confiance. Nul doute que l’on abordera le respect des spécs, la transparence des coûts de chacun (tordant au passage le cou à l’idée d’une distribution qui « se gave »…), les achats tournants et leurs ravages, mais bien d’autres thématiques encore qui nous ronge. D’ailleurs, les alliances fournisseur/distributeur type Nature’s Pride et Bama ouvrent clairement des perspectives sur ce que devient une relation quand elle est empreinte de confiance et bâtie sur des intérêts partagés…

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On serait pas devenu un peu con-combre sur les bords ?

Quand la capacité à innover d’une Filière en est rendue là, faut plus comprendre, faut prier !
Veuillez excuser mon âge avancé, j’ai dû rater quelques épisodes de la saga concombre. De mon temps, nous avions déjà différents calibres (3/4 pour le bal des débutantes, 4-5 pour les desperate housewives et 5/6 pour les aventurières).
Puis, époque et crise sanitaire obligent, ils se sont glissés dans un film plastique censé ralentir la dessiccation et la perte de poids (du concombre bien sûr !), ils ont été scotchés par lot de 3 voire de 5 pour les gourmandes de promotions, ils ont fait une place à l’inévitable référence Bio, et on a même été repêcher les gueules cassées, oubliant courbure extrémiste et excroissances singulières pour combler les amies de la nature.
Déjà de quoi monter tout un étal de concombres et organiser une visite guidée/dégustation sur fond de « Madame rêve » du très regretté Bashung.
Mais voilà que le cercle familial s’agrandit à nouveau avec l’arrivée de 2 petits nouveaux.
Dans la famille concombre, je voudrais le concombre portion (150 grammes environ par pièce) et le demi concombre tranché et filmé !
Je me demande juste :
• Quel est l’interêt pour la distribution (celui de la production peut lui se comprendre) de commercialiser ces petits concombres, vendus majoritairement à la pièce, qui vont encore faire baisser le panier moyen et la consommation ?
• Qui n’a plus la force de trancher lui-même un concombre ? A quand le pré-mâché, voire le demi-digéré ?
Il ne manque plus que le concombre Commerce Équitable élevé sous la mère et on sera au bout du bout…
Je ne sais pas si le concombre a le vent en poupe mais, franchement, on frôle parfois le ridicule. Ad libitum.

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Sympathy for the Retail

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Ouh ouh ! Ouh ouh ! Ouh ouh ! On la croyait condamnée. 
Inéluctablement poussée vers la sortie par une course à la productivité individuelle, boudée au quotidien par une génération techno-addict ne communiquant plus ses « émotions » que par picto interposé et, surtout, victime toute désignée d’une remise en cause douloureuse d’un business model luttant finalement pour rien moins que sa survie. 
Et voici que, revascularisée par une crise sanitaire qui pousse Madame Michu à sécuriser la gamelle de sa nichée avant tout, la solidarité des équipes, et la sympathie qu’elle suscite chez les clients, renaît de toute la splendeur qui a fait de la vie « d’avant » en magasin, du temps des grandes heures, un truc fabuleux, vraiment à part. 
Blier aurait demandé à Ventura d’un air nostalgique : t’as connu ?
Quand les services support se planquent plus que de coutume derrière leur écran (cette fois, certes, depuis la maison et pour une raison légitime), les hommes et les femmes « de carrelage » assurent pour que la population, qui les a pourtant honnis, puisse manger. Un peu comme avec la police au lendemain d’attentats, les pétochards cherchant tous maintenant à s’abonner en urgence à « Netflic ».
On pourrait bien sûr s’attarder sur la manière : les 1 000 € de prime (peut-être réclamés a posteriori aux fournisseurs d’ailleurs, comme contribution à l’effort de guerre) qui ressemblent un peu à la topette de gnôle que les poilus tétaient en tremblant avant de sortir bravement des tranchées pour courir s’embrocher sur les pointes en tous genres – baïonnette, casque, barbelé – de l’ami Fritz, les photos et vidéos savamment orchestrées, à grand renforts d’applaudissements et de sourires masqués, puis publiées régulièrement sur les réseaux sociaux par la Direction des Récupérations Humanistes, la démagogie après coup sur le prix de vente des masques quand tous les personnels n’en reçoivent pas toujours au quotidien, peu importe, les équipes magasin de la GMS méritent, elles, considération, respect et gratitude. 
Reste maintenant à faire quelque chose de cet élan de sympathie, encore timide et surtout fragile. A part peut-être les survivants de l’aventure Elmer Food Beat, les pékins ne se montrent pas encore aux fenêtres le soir pour applaudir la caissière de chez Leclerc et, même s’il y a fort heureusement moins de suicides d’ELS (probablement moins facile avec la scanette de service qu’avec un Sig 2022) que de policiers, à part un « merci » plus appuyé et fréquent qu’avant en direction de la pauvre plexiglassée qui officie pendant des heures en caisse, ça n’est pas encore Byzance pour la reconnaissance.
Il y a malheureusement de grandes chances qu’on retombe, dès que le Roi Virus XIX aura perdu sa couronne maudite, dans le travers « vive les carottes non lavées presque bio du père Mathieu, nous, on casse de la GMS » !
Gageons par ailleurs que cette solidarité touchante envers la population criant presque famine – ça creuse finalement de comater devant l’intégrale de « GOT » ou alors c’est juste la cambrure de la Khaleesi qui fait saliver – et inquiète d’une éventuelle rupture de rouleaux ouatés de cellulose, et aussi, restons lucides, cette solidarité… envers le chiffre d’affaires, cette solidarité donc envers la population, envers la direction et surtout entre collègues fera certainement l’objet d’une tentative de récupération « cheap » sous la forme d’un souvenez-vous pathétique, avec Curly démarqués et Crémant chaud en gobelet plastique ! 
Ça mérite mieux. Beaucoup mieux.
Certains l’ont d’ailleurs très bien compris : Leclerc qui devient « plus sympathique » que Carrefour dans certaines enquêtes, Intermarché qui tombe le masque à prix coûtant, les photos des supermarchés locaux – les grand gagnants en parts de marché – communes avec les chouchous des Français comme les pompiers… 
On n’en est pas encore aux barons régionaux venant raviver la tombe du pompiste inconnu ou à la plaque à l’entrée de la réserve rappelant qu’ici est tombée Régine en glissant sur un morceau de caissette en polystyrène de la poissonnerie, mais les part-time externalisées de la com (en clair, la maîtresse du directeur régional) travaillent déjà d’arrache-pied, c’est-à-dire 3 heures par jour, à comment récupérer tout ça.
Peu importe. À toutes celles qui ont la trace des masques sur le visage en fin de journée en caisse et à tous ceux qui ont les dessous de bras de la chemisette blanche brûlés par la transpiration, à toutes celles qui baillent devant un mauvais café à la pause et à tous ceux qui tirent trois lattes d’une roulée, cachés par le compacteur, à toutes celles et tous ceux dont on voit encore le sourire derrière le masque en fin de service : merci pour tous ceux qui vous oublieront trop vite.
On vous aime.

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Un chasseur sachant sachet…

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Vous avez déjà vu un ours s’employer à vider une ruche de son miel ? Eh bien, hier, dans mon hyper préféré, j’avais, je pense, à peu près la même élégance. Pourquoi ? Le magasin n’avait plus de gants en plastique pour les clients à l’entrée et les avait remplacés dans l’urgence par des rouleaux de… sachets ! 
Plusieurs problèmes :
1 – la nostalgie. Depuis mes emplettes dans les supermarchés russes, qui ont généralisé de longue date la technique pour laisser Madame Ivanov se servir en patates non brossées sans impact pour sa manucure, j’avais perdu l’habitude de mettre mes mains dans des sachets.
2 – le look. À mi-chemin entre les dérisoires protections contre le froid bricolées par un soldat du Maréchal Paulus, les battoirs gigantesques agités par Michael Phelps pour redevenir champion du monde et les moufles spéciales d’Haroun Tazieff pour prélèvement au bord du Nyiragongo, l’équipement donne un air curieux.
3 – l’efficacité technique. Vous avez déjà essayé de détacher les bords d’un sachet quand vous avez déjà une main dans un autre ?
Mais tout ça n’est rien quand vous arrivez au pool balance pour peser vos achats et que vous devez prendre une étiquette autocollante pour l’apposer sur un sachet en ayant les 2 mains dans d’autres sachets du même type. Comment dire… c’est un peu agaçant comme la pince à cadeaux dans les vitrines des fêtes foraines ou la boîte de corned-beef en camping du couvercle de laquelle s’est décollé – sa race – le petit ustensile prévu pour l’ouvrir !
Je dois confesser que, crise ou pas, après quelques minutes d’une pathétique tentative, les sachets/étiquettes/produits ont tous terminé à la poubelle, que les clients alentours ont pu se familiariser avec quelques expressions « tipo franchute » normalement non référencées dans la langue de Molière, et que je me suis rabattu sur… le préemballé.
Les sachets pour remplacer les gants, c’est un peu comme les chaussettes des Red Hot à la place d’une Durex Lovers Connect.

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