Lapalissade

©Photo Xdr

À part chez Emmaüs, qui fait maintenant la moue si on ne livre pas au centre, lavé et repassé, le linge à donner (désolé, je n’avais plus d’assouplissant parfumé…), il est toujours plus facile de donner un produit que de le vendre.

Pourtant, les promotions du type « prix fracassé » ne sont pas sans conséquence pour le ressenti client à plus long terme sur la valeur intrinsèque du produit.

Exemple d’actualité : « du 2 au 9 janvier, tous les jouets à -40% »… ne veut-il pas implicitement dire que ceux qui, pour éviter la colère du petit neveu se roulant tout rouge sous le sapin synthétique, ont acheté avant Noël, ont juste enrichi le vendeur et le distributeur dans des proportions déraisonnables ?

Oui, je sais, les fournisseurs chinois ne reprennent pas les invendus, les ventes à prix normal font une moyenne avec ces soldes ou on perd de l’argent, blabla.. mais quand même, on est en droit de s’interroger.

A tel point que les finauds qui changent après les fêtes les cadeaux qui ne leurs plaisent pas (sic) convertissent bien souvent l’avoir d’achat en promotions… maintenant bradées ! Double bénéfice pour le consommateur ou simple conséquence d’un système un peu absurde ?

En fruits et légumes, la problématique est triple : ils sont jugés globalement chers et de ce fait pas toujours accessibles aux revenus les plus modestes, le consommateur a très peu de repère sur ce que les produits valent vraiment et ils sont constamment en promotion en utilisant trop souvent le seul levier prix.

Même si nous avons peiné en son temps à expliquer/baliser clairement des mécaniques pourtant simples de prix dégressif sur le vrac et de vente en lots avec gratuité, n’étaient-elles pas plus adaptées pour inciter à la consommation sans jeter le doute sur la valeur des espèces ?

La richesse produit des fruits et légumes n’autorise-t-elle pas un marketing promotionnel théâtralisé plus imaginatif que « je prends le prix rendu et j’ajoute la TVA » ?

Que penser d’un modèle qui, à la peine sur les indices de consommation, n’a comme solution pour faire du volume que de donner les produits, en faisant en général financer tout ou partie de cette générosité par la production ?

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