Y’en aura pour tout le monde !

© Photo Xdr

Vous tendez le dos au moment où, sortant prudemment de nos tanières, la fin de crise COVID s’annonce, avec son impact redouté mais indéniablement sous-estimé sur l’emploi pour des entreprises souvent exangues ? Les courbes du chômage vous affolent plus que celles de Shakira en pantalon de cuir ? Vous stressez en pensant à la vitesse vertigineuse avec laquelle les robots progressent pour nous remplacer demain ? Vous avez peur, finalement, qu’il n’y ait pas de travail pour tout le monde ? Vous ne devriez pas. Les gourous du management en entreprise ont déjà la solution, simple et imparable : s’il n’y a pas de travail pour tout le monde, et bien, il n’y a qu’à en inventer en interne dans l’entreprise. Pour faire simple, c’est le fonctionnement qui prévaut dans les Ministères depuis des années, ou des services/départements en sur-effectif travaillent… à se faire travailler. Vous pensez que j’exagère ? Voici quelques exemples du connu de longue date mais aussi des petits derniers qui témoignent de mon inquiétude :

1 – l’audit interne : des avortons avec des têtes de citrouilles et des squelettes, jouissant du même capital sympathie que les boeufs-carottes dans la police, qui demandent en urgence des tonnes de documents pour finalement annoncer, visiblement déçus, qu’ils n’ont rien trouvé de grave. Il est de la famille du bon vieux reporting, vérole des temps modernes.

2 – la Certification : pour faire simple, on définit ce qu’on veut faire, comment et en combien de temps, et on paye quelqu’un pour vérifier qu’on l’a fait. Non, désolé, je suis déjà marié !

3 – le PMO – Project Management Office : Wow le petit dernier, mon préféré ! Des premiers de la classe, à des années lumière du terrain, qui montent des usines à gaz bureaucratico-policières pour que n’importe qu’elle tâche de l’opérationnel soit transformée en un projet géré par un conseil des sages.

4 – la Réunion. Elle n’est pas nouvelle mais, régulièrement critiquée, elle déborde d’imagination pour continuer à régner sans partage, sous le masque, en ajoutant toujours plus de sessions mais en les baptisant sournoisement de sobriquets qui empêchent de les débusquer au premier regard sur l’agenda. Séminaire, atelier (workshop si vous êtes dans le conseil), formation, groupes-projets, observatoires… peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse du vide.

Finalement, le reporting interne (dire aux autres ce qu’on fait), l’audit interne (vérifier que les autres font bien ce qu’ils disent qu’ils font) et maintenant, arrivant tout droit de la planète Usinagaz, le PMO, le cumul des 2 : dire aux autres ce qu’ils doivent faire et véri-fliquer qu’il le font, tout ça devrait normalement permettre de bientôt quasi fonctionner en circuit fermé, en oubliant complètement le client !

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