Écran total

Sûr de son emprise inquiétante, notre smartphone nous informe maintenant en fin de journée du temps pendant lequel il a réussi à nous manger un peu plus le peu de cerveau qu’il nous reste. Il n’y aura bientôt plus que le téléphone pour être smart…
Où en sommes-nous ? On se réveille avec son smartphone, l’œil encore torve mais déjà avide des petits ronds rouges de notification, on feuillette sans vraiment lire, encore moins en l’analysant, une actualité déjà prémâchée en catégorie sur l’application de feu son quotidien, l’écran du GPS nous dit par où passer, puis on travaille une bonne partie de la journée sur l’écran de son ordi, en s’envoyant des mails et autres messages d’un bureau à un autre. Et on voudrait maintenant que je me convertisse à la liseuse ?
Eh bien non.
Je ne serai pas un Japonais s’arrêtant tous les 10 mètres sur le Cour pour un selfie selfish relayé automatiquement à toute la famille connectée au pays et vivant le voyage d’une vie par procuration.
Je ne me traînerai pas avec ces hordes d’ados voûtés que l’écran qui les précède et les écouteurs qu’ils ne quittent plus isolent complètement du monde en les enchaînant jour et nuit à des réseaux antisociaux. Amusant d’ailleurs de voir que, pour mieux masquer ce fil à la patte, les écouteurs ne s’envisagent maintenant que… sans fil mais en noise-réduisant les bruits du vrai monde !
Et donc, même si c’est a priori écologique, plus économique, ultra pratique quand on vit à l’étranger pour trouver des bouquins en français, adapté au mistral, au soleil et waterproof, je n’achèterai pas de liseuse !
En amour, on dit que le meilleur moment, c’est quand on monte l’escalier. Eh bien moi, pour la lecture, j’aime encore feuilleter, parcourir, picorer quelques pages papier du bout des yeux, choisir sous la pile un exemplaire encore vierge de mains inconnues et sans corne… plutôt que pointer bêtement mon index sur une énième application.
Désolé, mais pour relire – impression papier vintage – le tristement prophétique « 1984 »… je préfère mon édition de collégien que le Télécran.
Vive les vieux cons réac !

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Still got the blues

Une montre n’est normalement pas un objet anodin. Sans risquer la maxime pompeuse façon belle horlogerie du supplément Fig Mag, on peut simplement dire qu’elle nous accompagne un bout du chemin.
Celle que je porte aujourd’hui, qui n’est plus pour le coup une copie rapportée de Thaïlande, ne me donne pourtant toujours que l’heure.
Comme j’aimerais encore porter celles que j’ai eues avant. La première, une montre publicitaire tout acier Saviem, belle comme un camion, et qui me laissait le bronzage façon Polo, je l’ai gagnée en alignant 3 six du premier jet à la kermesse de mon école primaire. Ça partait bien.
La seconde était une électronique Casio, cadeau de mon grand-père maternel, qui m’émerveillait par ses fonctions révolutionnaires pour l’époque (la montre, pas mon grand-père…), et une sonnerie entraînante à la Donkey Kong, pour se réveiller. Ça continuait pas mal.
La suivante…
Il y en a eu beaucoup d’autres depuis et avant celle que je porte actuellement.
Simplement, aujourd’hui, à chaque œillade – même discrète – de ma part, elle me chuchote, comme au pauvre Raphaël de Valentin, que, du temps qu’elle donne, il m’en reste moins qu’avant.

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Thithilliez et Gros Minier

Petit ajout à mon agacement récent au sujet des stéréotypes du thriller d’aujourd’hui et des tentatives pitoyablement racoleuses des éditeurs pour tenter de faire sortir de l’anonymat l’incontournable duo de flics marqués par la vie, qui finiront par s’aimer et découvrir ce qu’ils n’auraient peut-être pas dû…
Lancement radio, à une période très concurrentielle, puisque sortent aussi les bien moins lisses Grangé et Thilliez, du dernier Bernard Minier.
Message : « Un thriller qui ne ressemble à aucun autre ! » Le genre d’accroche aussi crédible que « mains propres, tête haute » de feu le Front National ou « pas de hausse d’impôts » d’un président français. Pourquoi ? Il n’y a pas, à part peut-être un Dan Brown post Da Vinci Code, plus formaté et recyclé que Bernard Minier. Bien documenté, bien construit, pas mal écrit mais d’un chiant !
Qu’est ce qu’ils nous manquent, le patron de revue anti extrême droite et la cyberpunkette aussi boudeuse que son tatouage de dragon… Stieg, reviens, il sont devenus mous !
P. S. : j’ai vu aussi passer une pub pour « Amor », par l’auteur de « Smór ». Vivement la suite… Schmurt !

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Flic ou voyou ?

©Photo Xdr

Label de bien-être animal pour nos poulets…

Et si, au lieu de nous gonfler avec leur nombre au mètre carré ou l’accès à la lumière naturelle, on se demandait plutôt si se faire insulter et cracher dessus, foncer sur une moto pour échapper à une meute de lâches, boxer comme Iron Mike pour essayer de tenir un round face au champion poids lourd de la cagnotte, ne sont pas pour quelque chose dans le mal-être de nos autres poulets ? S’ils ne sont pas élevés en plein air, ils risquent bien, en revanche, confrontés aux hordes de pillards qui n’aiment le poulet que dans les nuggets, de se faire abattre en plein vol, sans que cela n’émeuve davantage que l’utilisation de balles en plastique un peu trop dures contre ces pov’ gentils manifestants pacifiques.

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Dentastix

©Photo Xdr

Je ne pense pas avoir une haleine comme un beauceron de 12 ans. Je ne crois pas afficher une denture façon Ribéry après avoir rogné l’os de sa côte dorée (pour une fois qu’il y a quelque chose de fin chez un footballeur…) ou sourire comme Shane MacGowan (artiste par ailleurs extrêmement talentueux) aujourd’hui. Toujours est-il que mon supermarché a manifestement pensé à moi en m’adressant un coupon de réduction pour… Dentastix !


Enfin une lueur d’espoir pour notre capacité à échapper de temps en temps au flicage marketing qui pense savoir à peu près tout de nous, façon Big Brother dunnhumbysé. La machine infernale peut donc encore se fourrer le doigt dans le télécran, car je n’ai ni chien ni chienne à la maison (notez que, dans les 2 cas, je le regrette).
Alors, pour ceux qui ne connaissent pas Dentastix, il s’agit d’une sorte de friandise censée remplacer la brosse à dents du chien (alors que nos mamans s’évertuaient à nous inculquer le contraire quand nous étions gamins) pour l’hygiène buccodentaire. Elle permet de faire un bisou bisou à son chien chien sans affronter une odeur façon charnier fraîchement machetté après une émission particulièrement motivante de radio mille collines…
Une fois passé l’intérêt pour un des nouveaux produits de mon tout premier employeur, la formidable machine de guerre Unisabi, je m’interrogeais donc sur le pourquoi de ce ciblage et, même en cherchant, j’en suis juste arrivé à la conclusion que l’manicraque l’avait cor’ beugué!
Eh bien, sans mauvais jeu de mot, c’est bête mais ça fait du bien de savoir qu’on peut encore passer entre les mailles du filet.

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30 la suite, 50 le retour

©Photo Xdr

Plus moyen aujourd’hui d’acheter un livre sans qu’il ne soit ceint d’un bandeau plus racoleur que la bande annonce du prochain lynchage télévisé d’Elise.

Nombre de lecteurs à date (Mein Kampf et les tomes 4 et 5 de Millenium sont pourtant là pour nous rappeler qu’il n’est pas forcément gage de qualité), recommandé par chaque pisse-copie formaté pour le genre dans lequel il sévit, vantant les mérites d’un confrère reconnaissant et qui lui rendra la pareille, annonce de la nouvelle Camilla Lackberg pour chaque débutante esquimaude et son incontournable duo de flics brisés par la vie, prix en tous genres ayant perdu leur semblant de crédibilité depuis qu’on a donné le Nobel à Kevin, pardon à Dylan, citation façon dernière phrase coup de cymbale d’un chapitre de page turner, tous ces fardages grossiers inspirent autant confiance qu’une écharpe de maire de LREM ou une robe réversible d’avocat corse. En plus, ces bandeaux sont presque toujours rouges, quand les fêtes de Bayonne et le génocide khmer sont là aussi pour nous rappeler que ledit bandeau rouge est rarement synonyme de culture, de raffinement et de modération…
De grâce, évitez-nous ces jarretelles en papier grossier et laissez-nous nous débrouiller avec la bonne vieille 4e de couv.

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Aphorismes

©Photo Xdr
  • Il y a indéniablement un risque à sortir avec une trop jolie femme car, comme nous le rappellent nos amis écossais, la corne n’est jamais très loin de la muse.
  • Caillassage des pompiers, pavés dans les vitrines, intifada, lapidation… cette manie chez certains de lancer des cailloux.
  • Salon BioFach 2019 à… Nuremberg. Ça devient une habitude non ?
  • Mauditlac : avec un nom pareil pour un lait infantile, il fallait s’attendre à ce que ça finisse mal.
  • Macron en débat à Bourg-de-Péage : pas rancunier le Manu.
  • Après les gilets jaunes et les bonnets rouges, je propose les calbuts marron. Au moins, ça sera marrant sur le tableau de bord.
  • J’écoutais dernièrement sur Radio Classique un monsieur qui était « Délégué Syndical CGT Fonctionnaires » : je croyais que le cumul des mandats était interdit ?
  • L’issue du procès de Carlos Gohsn Nissan pas très bonne pour lui. Malgré le travail exceptionnel qu’il a fait pendant 14 ans avec et pour Renault, il faut bien reconnaître qu’il s’est bien fait nikkeï !
  • Mesure de l’index de l’égalité femmes-hommes pour les écarts salariaux injustifiés : pour l’instant, c’est plutôt un autre doigt qu’on utilise.
  • Séduction : on n’attrape pas les mouches avec une vie aigre.
  • Religion : qu’espérer en termes d’évolution chez des hommes qui n’ont lu qu’un seul livre ?
  • J’ai beaucoup ri du symbole de cet abruti de casseur giletjauni s’acharnant en vain à coup de batte sur une superbe Porsche (pléonasme) sans vraiment réussir à la détruire. Deutsche Qualität !
  • Réseau social, tu perds ton sang froid.
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La réunion Bio

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Pour être Bio, on s’interdit volontairement certains produits nocifs. Pour les réunions, de la même manière, proscrivons tout ce qui est néfaste à ceux qui en consomment. Démarrage en retard, imprécision de l’agenda, interruptions, apartés, portables… Si les contrôleurs de gestion sont prompts à pointer un index inquisiteur sur toute ressource jugée « de confort » en magasin, pourquoi n’affichent-ils pas au mur des mêmes magasins un simple calcul pour bon nombre de réunions : nombre de participants x coût horaire chargé de chacun x durée de la réunion. À rapporter après aux décisions prises et inscrites au compte-rendu. Il y a fort à parier que, avec ce chiffre en évidence, la fois d’après, les participants soient à l’heure et de retour plus vite sur la dalle pour accueillir les clients…
Le téléphone mobile doit bien sûr rester dehors. Aussi sûr qu’un conducteur mâle finit avec les doigts dans le nez si le feu s’éternise, un Chef de rayon en réunion finira invariablement par tapoter son mobile, d’abord discrètement et avec le même regard faussement détaché que pour regarder les filles passer en terrasse quand on boit un verre avec Maman jalouse, puis de façon ostentatoire et rebelle sous prétexte que le monde ne saurait survivre sans lui s’il ne répond pas…

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La réunion équitable

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Pour le Fair Trade, on doit partager plus équitablement le revenu. Pour les réunions, il s’agit souvent de répartir plus justement le temps de parole. Vous connaissez tous les travers qui existent depuis la nuit des temps dans toutes les enseignes : envolées lyriques, à base de « parcours client » ou de « réenchanter l’hypermarché », dont l’élégance littéraire n’a d’égal que l’inaction en découlant, thématiques serpents de mer dont on parlait déjà en vieux François, parole monopolisée par les suce-boules de service qui ont préparé une petite liste de questions (et de piques !) et qui, tels une peluche de basset sur la plage arrière de la R16, hoche la tête d’un air habité à chaque fois que le Directeur dit quelque chose (je vois d’ailleurs une analogie de mouvement avec un autre que la morale m’interdit de détailler plus avant…)… Depuis bientôt 25 ans, je rêve d’une réunion où les participants utiliseraient des pendules à bouton buzzer comme pour les parties d’échecs façon blitz ou d’une coupure possible du micro en cas de propos jugés inintéressants par la majorité, à la Klaxoon…

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Marche ou grêve !

©Photo Xdr

Et la nuée de petits bobos proprounets bombardés députés de se réveiller en sursaut et de se gratter la barbe… La fête est finie, les enfants ! Le peuple qui doit vivre un mois avec ce que vous dépensez en un « déjeuner de travail » avec d’autres mignons en costard extra slim, s’est enfin réveillé. Pas du bon pied et pas de la meilleure façon, certes. Lassé d’entendre, vieille tradition politique toutes tendances confondues, des généreux avec l’argent des autres se gargariser d’être les « champions d’Europe de la redistribution », il vient de claquer la porte du coffre sur les doigts manucurés des maîtres ponctionneurs. Intégrez simplement que les gens ne supportent plus d’avoir quelqu’un qui se permet de se servir dans leur porte-feuilles. Il est effarant que notre soit disant élite n’arrive pas à comprendre que, plutôt que de nous saigner plus encore qu’un centre de transfusion clandestin laissant de pauvres paysans exsangues à la frontière mexicaine, il faut d’abord commencer par faire des économies. Plutôt que de s’y atteler, l’état français a préféré devenir le plus gros proxénète d’Europe, dont acte, mais nous ne voulons plus tapiner pour lui et son logeur qui nous manekenn pisse dessus à longueur de journée.
Entre les jeunes qui marchent sans savoir où ils vont, les brûle-palettes levant bovinement le rond point comme d’autres ont avant eux et en vain agité des marteaux et des faucilles, l’extrême gauche voulant juste casser du sale capitaliste, l’extrême droite juste venu en découdre avec une police jugée trop tendre, la racaille des cités en profitant pour toucher une fois dans sa vie du Vuitton qui ne vient pas de la place djellaha el fna, les tentatives de récupération de Marine et Jean-Luc, et, last but not least, les prises de parole de Lalanne bâté et Nanard Qui veut gagner des millions, ma pauvre France me donne des hauts le cœur…
Vraiment dommage que Monsieur le maire de Bordeaux ait été contraint de hit the road à la place de Jack et ait du passer un peu trop de temps dans sa cabane au Canada, vraiment dommage que Dominique un peu trop les soubrettes, la France méritait indubitablement mieux que le blondinet pourri gâté qui n’a plus les pieds sur Jupiter et qui est en train de terminer le travail de nous ridiculiser aux yeux du monde, certes déjà bien avancé pendant 5 années par l’homme au scooter…

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